La campagne pour l’élection présidentielle au Congo-Brazzaville a officiellement débuté ce lundi 5 octobre 2020. Les 2,6 millions d’électeurs congolais sont appelés aux urnes le 21 mars prochain pour élire leur nouveau président. La campagne se déroulera sur 21 jours et se terminera le 20 mars, la veille du scrutin.
Cette élection s’annonce comme un duel entre le président sortant Denis Sassou Nguesso, au pouvoir depuis 1979, et le principal opposant Guy-Brice Parfait Kolélas. Sassou Nguesso, âgé de 77 ans, brigue un quatrième mandat consécutif après avoir modifié la Constitution en 2015 pour se maintenir au pouvoir. Son adversaire Kolélas, 56 ans, a été investi par l’opposition début janvier.
La campagne se déroule dans un contexte tendu, marqué par la pandémie de Covid-19 qui a déjà contaminé près de 2 000 personnes au Congo-Brazzaville. Les autorités ont imposé des restrictions sanitaires strictes, limitant les rassemblements et les déplacements. Les candidats devront adapter leurs stratégies de campagne à ces contraintes inédites.
Denis Sassou Nguesso part ultra-favori dans cette élection. Au pouvoir depuis près de 41 ans, il bénéficie d’un appareil d’État puissant et d’un contrôle quasi-total sur les médias. L’opposition, divisée et affaiblie, peine à faire entendre sa voix. Plusieurs candidats potentiels ont été empêchés de se présenter, accusés de ne pas remplir les conditions requises.
Pourtant, l’élection s’annonce serrée. Le pays traverse une grave crise économique aggravée par la chute des prix du pétrole, qui représente 70% des recettes de l’État. Le chômage et la pauvreté ont fortement augmenté ces dernières années. L’opposition espère capitaliser sur ce mécontentement pour créer la surprise.
Les observateurs internationaux, notamment de l’Union africaine et de la Francophonie, seront présents pour superviser le scrutin. Ils veilleront à ce que le processus électoral se déroule dans le calme et la transparence. Mais les soupçons de fraudes demeurent, les élections précédentes ayant été entachées d’irrégularités.
Quel que soit le résultat, cette élection sera un test pour la démocratie au Congo-Brazzaville. Le pays, riche en pétrole et en minerais, n’a jamais connu de transition pacifique du pouvoir depuis son indépendance en 1960. La stabilité de la région en dépend largement. Le monde entier aura les yeux rivés sur Brazzaville le 21 mars prochain.
En attendant, la campagne bat son plein. Les candidats sillonnent le pays pour convaincre les électeurs. Les meetings se multiplient, malgré les contraintes sanitaires. Les débats d’idées peinent à émerger, la campagne étant surtout marquée par les attaques personnelles entre les candidats. Les enjeux de développement, d’éducation ou de santé sont largement absents du débat.
Les Congolais, eux, attendent beaucoup de cette élection. Ils espèrent que leur voix sera entendue et que le prochain président saura répondre à leurs préoccupations quotidiennes. Entre espoir et résignation, ils se préparent à aller voter dans trois mois. L’avenir du Congo-Brazzaville se jouera ce jour-là.