L’essor de l’intelligence artificielle générative pourrait entraîner d’ici à 2028 des pertes de revenus mondiales de 24 % pour les créateurs de musique et de 21 % pour les créateurs audiovisuels, soit près de 8,5 milliards d’euros par an cumulés, selon les estimations de l’Unesco dans un nouveau rapport.
Cette analyse met en lumière l’impact économique considérable que pourrait avoir l’IA sur les professions créatives. Les technologies d’intelligence artificielle, capables de générer des contenus musicaux et audiovisuels de plus en plus sophistiqués, menacent directement les sources de revenus traditionnelles des artistes et des créateurs.
L’Unesco souligne que ces pertes ne sont pas réparties de manière uniforme. Les créateurs indépendants et les petites structures pourraient être particulièrement touchés, tandis que les grandes plateformes technologiques pourraient tirer profit de cette évolution. Cette situation soulève des questions cruciales sur l’équité et la durabilité des modèles économiques actuels dans le secteur culturel.
Le rapport de l’Unesco appelle à une réflexion approfondie sur les politiques publiques nécessaires pour protéger les droits des créateurs à l’ère de l’IA. Parmi les propositions figurent la mise en place de mécanismes de compensation, la révision des lois sur la propriété intellectuelle et le développement de standards éthiques pour l’utilisation de l’IA dans la création artistique.
Cette alerte de l’Unesco intervient dans un contexte où l’intelligence artificielle générative connaît une croissance exponentielle. Des outils comme DALL-E pour l’image, ChatGPT pour le texte ou encore des logiciels de composition musicale assistée par IA transforment radicalement les modes de production créative. Si ces technologies offrent de nouvelles possibilités artistiques, elles posent également des défis inédits pour les créateurs traditionnels.
Le défi à relever sera de trouver un équilibre entre l’innovation technologique et la protection des droits des créateurs. L’Unesco insiste sur l’importance de développer des cadres réglementaires adaptés qui permettront de tirer parti des avantages de l’IA tout en préservant les moyens de subsistance des artistes et des professionnels de la création.